Mon ex me reprochait d’être trop froide, trop dans le contrôle, trop parfaite en apparence. Il disait que j’étais une poupée bien élevée qui ne lâchait jamais rien. Il est parti avec une fille de vingt-deux ans qui gueule et qui pleure pour un rien. Tant mieux pour lui.
Moi je suis restée ici à Maripasoula avec mes tailleurs bien coupés, mes ongles faits, mon brushing impeccable. Je continue à sourire poliment aux voisins, à tenir ma maison comme une page de magazine. Personne ne sait que la nuit je dors nue, que je me touche en pensant à des hommes que je ne connais pas, que j’ai envie qu’on me prenne contre un mur sans préliminaires.
Je cherche pas un mari. J’en ai déjà eu un. Je cherche un homme qui comprendra que derrière la façade BCBG il y a une vraie chienne en chaleur. Un mec qui osera me regarder autrement qu’avec respect. Qui verra que sous le chemisier sage je porte de la dentelle noire. Qui comprendra ce que ça veut dire quand j’enlève mes lunettes et que je défais mes cheveux.
Les femmes chaudes pour rencontre réelle existent même dans les petites villes, même chez celles qui ont l’air inaccessibles. Je suis là. Disponible. Et j’attends quelqu’un qui saura me faire perdre mon putain de contrôle.